Internet sert de plus en plus à s’informer

Les différents usages d’Internet appartiennent désormais au quotidien des Français, surtout des plus jeunes. Son utilisation pour la recherche d’information s’accompagne d’une désaffection pour la lecture de la presse papier.

Un nombre croissant de Français considère désormais Internet comme une source d’information incontournable. Dans l’enquête tns sofres pour EPIQ (Étude de la Presse d’Information Quotidienne) parue début 2010 et intitulée « Les Français et Internet » (1) 72% des 15-24 ans estime qu’il est « une source d’information importante ». 14 % d’entre eux le qualifie « de source d’information par excellence ». Un chiffre en progression de six points par rapport à l’étude précédente réalisée en mai/juin 2006.

Plus d’un tiers de cette même tranche d’âge (35%) choisit cette assertion : « Internet est une source d’information qui remplace les journaux car il permet de trouver toutes les informations ». Un pourcentage qui descend à 23% pour les 35-59 ans. Une répartition régionale, mais sans distinction d’âge est assez surprenante lorsqu’on sait que Bretagne et Alsace sont les régions où on lit le plus la presse écrite, du moins les quotidiens régionaux. En effet, si la moyenne s’établit à 26%, l’Alsace, la Franche Comté, Provence Côte d’Azur et Corse sont au-dessus avec respectivement 32, 30 et 30%. L’Auvergne, le Limousin et la Bretagne sont en dessous, avec 20, 18 et 15 %.
Pour toutes les tranches d’âge, les différents usages d’Internet s’inscrivent de plus en plus dans le quotidien des Français. Suivre l’actualité est un de ceux qui progresse le plus (8 points). 37 % des internautes se connectent « souvent » pour le faire.
L’étude Fréquence écoles (2), très largement relayée dans la presse et sur Internet, consacre quelques lignes à « s’informer en consultant les actualités d’Internet ».  57,3 % des sondés disent consulter les actualités sur le Net. Le volet qualitatif de l’enquête a permis ce constat : les jeunes « ne consultent généralement pas la presse en ligne, mais les encarts d’informations de leur boîte mail ou de leur fournisseur d’accès à Internet. Précisons également que par « actualité », il s’agit bien souvent d’actualité sportive. »

Les magazines plus que les quotidiens

Toujours d’après Fréquence écoles « les 21,9 % de jeunes qui consultent souvent les actualités sur Internet sont majoritairement des lycéens, notamment en classe de terminale… »

Même si le corpus est réduit – 150 étudiants en école de communication, de 18 à 25 ans, de Paris et de province -, le sondage réalisé « on-line » du 19 au 30 mars, détaillé dans un post intitulé « Les étudiants face à la presse », publié sur owni, donne des éléments intéressants. Il s’agissait d’analyser les comportements de lecture de la presse par les étudiants. Pour eux, la presse papier souffre de faiblesses structurelles. Le renouvellement du lectorat est loin d’être acquis.
La lecture des magazines, en hausse, s’effectue aux dépens de celle de la PQN et surtout de la PQR. Quant à Internet et aux gratuits, ils bénéficient d’un net engouement. Et pourtant, les étudiants (surtout dans les grandes écoles) bénéficient souvent de la vente par tiers ou de la mise à disposition de titres de la PQN. C’est pour cette raison que Le Monde, Les Échos et le Figaro figurent parmi les titres les plus lus. Les titres de la PQR ne sont lus que par 10.4 % des sondés. Une comparaison entre des grandes écoles ou des campus où le titre correspondant de la PQR est distribué fournirait sans doute des éléments intéressants.

Lecture des gratuits et des magazines (people, professionnels, économiques) se font à parts égales. La première pour l’accès aux « brèves », la seconde pour l’analyse et la réflexion (les «sérieux »), la détente pour l’info « sans intérêt » des people. Seuls 23,7 % des étudiants lisent plus de quatre journaux ou magazines,  17,1 % n’en lisent qu’un par semaine.
Quant à Google reader et Google actu, nombre d’étudiants les assimilent à un support d’information à part entière ! Et sur Facebook, ils ne sont guère adeptes des groupes d’ « amis » des journaux.

Sources : Informer autrement , tns Sofres,  Fréquence écoles.

1) L’enquête téléphonique a été réalisée chaque jour pendant deux mois auprès d’un très large échantillon de 5057 personnes représentatives de la population de +15 ans résidant en France . plubliée fin février 2010

2) L’enquête sociologique, financée par la Fondation pour l’Enfance s’intitule « Comprendre le comportement des enfants et adolescents sur Internet pour les protéger des dangers » Sa méthodologie est exposée au début du rapport complet.