Qui fait l’info ?

« Interroger les sources de l’information, le statut et la déontologie des journalistes, la différence entre information et communication, la place de la publicité dans les médias d’information », tels sont les axes principaux choisis par le Clemi dans son dossier pédagogique  pour explorer « Qui fait l’info », le thème choisi pour la semaine de la presse. Pour vous aider, vous trouverez ci-dessous des liens vers des ressources de notre site.

1. D’où viennent les informations ?
La question des sources est fondamentale pour comprendre les médias : trop souvent certains confondent le transmetteur et sa source, comme dans l’Antiquité où il arrivait que l’on mette à mort le messager porteur de mauvaises nouvelles. Les journalistes ont une responsabilité pleine et entière sur le choix des sources. Pour respecter la  déontologie ils :

  • comparent (règle des trois sources contradictoires minimum pour vérifier un événement) ;
  • ne se satisfont jamais de supposées évidences ;
  • identifient les sources vraiment représentatives ;
  • rejettent des sources peu fiables ou qui pratiquent la désinformation. L’objectif est de s’approcher au plus près de la vérité pour informer le public. Durant la semaine de la presse, posez des questions aux journalistes de presse écrite, radio, télévision et Internet que vous inviterez. Vous constaterez qu’ils respectent les mêmes règles, quel que soit leur média.

Voir les fiches  : Les sources de l’information, Réussir l’intervention d’un journaliste, Comparer les Unes des quotidiens régionaux.

2. En quoi consiste la déontologie des journalistes ?
Depuis les États généraux de la Presse écrite, début 2009, une réflexion est menée pour actualiser la charte déontologique des journalistes. Toutefois, il faudra sans doute encore du temps pour que ces travaux aboutissent. Dans l’immédiat, la charte internationale la plus courante est celle de 1971, dite Charte de Munich. Elle reprend notamment le premier texte élaboré en France à ce sujet, la charte de 1918, elle-même révisée et complétée en 1938. Il est intéressant de travailler sur ces textes, notamment avec les élèves qui réalisent un journal en classe. À retenir, dans le préambule de la Charte de 1971 : « Le droit à l’information, à la libre expression et à la critique est une des libertés fondamentales de tout être humain. De ce droit du public à connaître les faits et les opinions procède l’ensemble des devoirs et des droits des journalistes ».
Voir : Déclaration des droits et devoirs des journalistes,  Respecter le droit d’auteur.

3. Quelle est la différence entre information et communication ?
Si le mot « communication » englobe l’ensemble des messages entre les êtres humains, l’ « information » désigne un ensemble d’événements communiqués par des sources et mis en comparaison et en vérification par les journalistes. Il existe désormais dans les sociétés modernes de nombreux services de communication, tant auprès des instances politiques que des entreprises, des administrations ou même des associations. Chacun d’eux a la légitimité d’exprimer ce qu’il estime être sa version des événements. Les journalistes les compareront à d’autres en fonction du public de leur média. Au moment où Internet bouleverse profondément le paysage médiatique, il est important de faire percevoir aux élèves la différence entre information et communication dans l’ « empilement » des nouvelles qui marque le web.
Voir : Règles et usages de la presse quotidienne régionale ; Connaître le droit à l’image ; [Oculométrie et éducation à Internet.


4. Où se situe la publicité ?

La publicité est le « nerf de la guerre » des médias. Sans elle, impossible d’abaisser le prix d’un journal à un niveau populaire, ni de faire vivre une rédaction avec les moyens d’investigation et de traitement suffisants. En même temps, la publicité ne doit en aucun cas être mêlée à l’information, ni influer sur les choix des journalistes. Des règles strictes sont appliquées par l’ensemble des médias : d’une manière générale, les journalistes choisissent librement leurs sujets en fonction de l’intérêt manifesté par tel ou tel public, et les publicitaires, de façon séparée, se servent du portrait par sondage de ces publics pour trouver des annonceurs. Ceux-ci ne sont pas attirés par tel ou tel événement, d’ailleurs difficilement prévisible, mais par la possibilité de toucher le public de tel ou tel média pour vendre leurs produits. Outre la grande publicité, les ressources d’un journal proviennent de la vente au numéro et des petites annonces, ce qui diversifie les financements et conforte son indépendance.
Voir : La publicité dans la PQR, Travailler avec les publicités.

5. « Kiffez » l’info !
Ce mot d’humour en langage des jeunes (Kiffer veut dire « aimer ») est de Patrick La Prairie, ancien délégué ARPEJ de Ouest-France, et il dit bien l’objectif d’un travail de ce genre auprès des élèves : il faut leur faire « aimer l’information » comme un outil indispensable à l’apprentissage de leur citoyenneté et au développement de leur esprit critique.
Parmi les membres de l’ARPEJ, le quotidien Midi Libre a décidé de réaliser cette année [une vidéo répondant à la question « Qui fait l’info ? ».
Dans tous les autres titres de la presse régionale, vous trouverez également des journalistes qui vous aideront à traiter ce thème fort intéressant.
Voir aussi : l’exposition à télécharger Découvrir le journal régional.
À noter: vous pouvez aussi retrouver les fiches de ce site dans
« La presse à l’école, guide de l’utilisation des médias en classe », paru chez Victoires Éditions, collection « Éducation/Médias ».