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Images de Sandy : des vraies, des fakes et des mèmes

Chaque événement majeur est désormais l’occasion d’un déferlement d’images. Le passage de l’ouragan Sandy n’a pas manqué à la règle. Revue de web qui peut servir de base à l’élaboration d’un scénario pédagogique.

Facebook, Twitter, Instagram (1), sites des journaux, blogs, les moyens de diffuser les images, vraies ou fausses, sont de plus en plus nombreux. Certains détournent et affichent clairement cette intention, d’autres sont moins scrupuleux. Des internautes, et parfois, des journalistes se font piéger. Mais, le web est aussi très réactif et se mobilise rapidement pour aider tout un chacun à faire le tri. Ainsi, devant l’avalanche d’images, une « fake alert » a été lancée et Buzzfeed.com s’est consacré à l’authentification des images postées sur les réseaux sociaux. Il a également mis en ligne un jeu-questionnaire et ses réponses.

Cité par Poynter ((l’Institut Poynter forme journalistes et responsables des médias) un tweet ironique du journaliste Andrew Katz résumait ainsi la situation : « La moitié de Twitter est une démystification des photos de Sandy postés par l’autre moitié ». D’ailleurs, un tumblr Istwitterwrong a analysé les images pour étudier leur véracité, leur authenticité.  L’Express, quant à lui a sélectionné les meilleurs détournements.

Dans un article intitulé « Sorting the real Sandy photos from the fakes», le site The Atlantic donne les résultats obtenus par ce qu’il nomme son « bureau d’enquête picturale » et distingue trois type de contrefaçons :
–        de vraies photos, mais anciennes sorties de leur contexte ;
–        des montages réalisés pour l’occasion
–        d’anciens montages réutilisés.

un chat monstrueux derrière la statue de la Liberté

Pour certaines images, savoir que c’est un fake ne pose aucun problème.

Bien sûr pour certaines images la manipulation est évidente, mais pour d’autres elle est beaucoup plus subtile. Le journaliste a cherché à authentifier certaines photos, remontant aux sources, les croisant, recherchant leur auteur… Un tag appliqué sur la photo indique si elle est vraie, fausse, ou s’il lui a été impossible de le déterminer.

Des outils

Si, pris par l’urgence, les journalistes ne cèdent pas aux sirènes du scoop et du sensationnel, ils ne sont pas forcément démunis. Le simple bon sens peut aider bien entendu, mais il y a mieux, l’article « Fausses images sur Internet : Sandy fais-moi peur » du site Euronews se termine  par des conseils pratiques et des outils :
–         recours à Hoaxbuster, ou Snopes  (en anglais) ;
–         utilisation d’outils de recherche inversée comme Tineye  ou Google’reverse image search, une extension pour le navigateur Firefox, qui permettent de retrouver des photos déjà publiées.

Erwann Gaucher dans « Sandy : 5 conseils pour éviter les fausses photos » montre un exemple d’utilisation de TinEye et rajoute ces conseils à destination de ses confrères :
–        observer la cohérence de la photo ;
–        regarder sa taille ;
–        ses propriétés techniques ;
–        contacter l’auteur.

une photo de requin

Les photos de requin ont beaucoup été utilisées dans des montages.

Dans « How journalists can avoid getting fooled by fake Hurricane Sandy photos » publié sur le site de l’Institut Poynter (2),  Craig Silverman interroge Kevin Connor, ancien vice-président de la gestion des produits pour Photoshop, qui travaille actuellement sur un outil capable de détecter les images modifiées. Ce dernier conseille d’aborder les images « comme un détective et d’examiner tous les indices de l’image et du fichier qui la contient. » L’auteur de l’article renvoie ensuite vers une présentation qu’il a donné et qui comprend une section sur les photos et les vidéos. En voici quelques points (3) dont :
–        vérifier les informations exif  avec regex.info ;
–        vérifier si la photo a été modifiée (avec error analysis ) ;
–        utiliser des cartes et des images fiables de la région ;
–        vérifier la cohérence des vêtements, des bâtiments, la langue s’il y a des textes, les plaques d’immatriculation des véhicules…
–        étudier les rapports météo, les ombres pour voir si elles sont cohérentes avec la date et l’heure à laquelle l’image est censé avoir été prise ;
–        Vérifier si la personne qui a mis en ligne l’image en a déjà téléchargé d’autres, si ces autres contenus sont crédibles ;
–        Y-a-t-il des images antérieures ou postérieures qui peuvent servir de points de comparaison ;
–        Se méfier de tout scoop peut-être trop beau pour être vrai.

L’auteur met également un lien vers un autre de ses articles « Three ways to spot if an image has been manipulated »

D’autres articles

« Ouragan à New York : attention aux fausses images sur les réseaux sociaux »  de Benoit Raphaël qui relate ses réactions et ses investigations face à quelques images.

une photo sourcée par l'article de The Atlantic

Cette photo qui semblait très douteuse à l’auteur de l’article publié sur The Atlantic s’est en définitive révélée authentique.

Dans « Des (vraies) photos de l’ouragan Sandy avec Instacane  Pressecitron signale l’existence du site Instacane qui regroupe une partie des photos Instragram de l’événement.
Le site du Parisien dans un article intitulé « Sandy les photomontages qui circulent sur Twitter», reprend quelques images parmi les plus emblématiques.
« Photo de l’ouragan Sandy petite histoire d’un fake » du Nouvel Observateur s’attache à deux exemples.
Fluctuat, quant à lui propose un diaporama de sept photos fakes déconstruites

Sur le site Culture visuelle, deux analyses intéressantes  à propos de l’utilisation d’Instagram :
–       « Enabling others know the story is first being able to tell it #Sandy »

–       « Sandy sur Instagram : du “ça a été” au “j’y ai été” ! (voyez par vous-mêmes)»

Quelques mèmes

– Sur Storify ;
– sur heavy.com
le Huffington post s’est penché sur le meme suscité par la mannequin Nana Gouvea qui s’est prise en photo devant les débris de l’ouragan.

1)     La montée en puissance d’Instagram, qualifié de « Twitter visuel » est ici remarquable. Pendant l’ouragan, ses utilisateurs partageaient plus de dix photos par seconde. Voir à ce sujet l’article du site du Nouvel Observateur « L’ouragan Sandy, un révélateur pour Instagram ».

2)    Poynter a également répertorié cinq creative ways journalists are covering hurricance Sandy on line.

3) Les points déjà cités par Erwann Gaucher ont été supprimés.

Miniature, cette superbe photo qui a beaucoup circulé sur Twitter s’est très vite révélée être un montage.

Les liens en un pearltree
Autour des images de Sandy dans (equivert)