Liberté d’information : le droit de savoir

Mis en ligne le 03 mai 2010
Cette année, l’Unesco a choisi ce thème pour célé­brer la jour­née mon­diale de la liberté de la presse du 3 mai. Repor­ters sans fron­tières a publié une liste des 40 pré­da­teurs  et réaf­firmé deux de ses valeurs : le droit d’informer et le droit d’accéder à l’information.
Les titres de l’Arpej ont dis­tri­bué dans les écoles et les col­lèges le numéro du Jour­nal des Enfants qui publie un dos­sier inti­tulé « La liberté n’est pas sans danger ».

Sur son site, l’Unesco expose la situa­tion actuelle en matière de liberté de l’information et les défis qu’il faut rele­ver. Bien que les lois se mul­ti­plient, l’expérience prouve que cela ne suf­fit pas pour que le droit des per­sonnes à être infor­més soit plei­ne­ment exercé. De nom­breux dys­fonc­tion­ne­ments – manque de réponses aux demandes, dif­fi­cul­tés, voir impos­si­bi­lité d’accéder aux infor­ma­tions – le démontrent.

La légis­la­tion, élément indis­pen­sable du pay­sage média­tique, devrait donc s’accompagner d’efforts rigou­reux pour qu’elle ait des effets béné­fiques. Si ce n’est pas le cas, les médias ne peuvent s’acquitter que dif­fi­ci­le­ment de leur mis­sion d’information.

L’Unesco accom­pagne ce constat de cinq thèmes de réflexion.

  • La mise en place de méca­nismes adé­quats d’accès, de ges­tion de l’information, de mise en œuvre, d’enregistrement et d’archivage (dotés des res­sources humaines et finan­cières néces­saires à leur bon fonc­tion­ne­ment) est essen­tielle pour assu­rer l’application effec­tive des lois sur la liberté de l’information. Tou­te­fois, ces efforts risquent d’être peu concluants si la culture du secret conti­nue à pré­va­loir au sein de la société. Quelles seraient les mesures à envi­sa­ger afin d’instaurer en lieu et place une culture de la transparence ?
  • Depuis le 11 sep­tembre, les consi­dé­ra­tions rela­tives à la sécu­rité natio­nale occupent une place pré­pon­dé­rante dans le débat concer­nant les excep­tions à la liberté de l’information. Ces excep­tions sont par­fai­te­ment légi­times quand elles touchent à des sujets sen­sibles jus­ti­fiant des contrôles plus stricts, mais elles peuvent aussi don­ner lieu à des abus (si elles servent par exemple à dis­si­mu­ler des erreurs, abus ou mal­ver­sa­tions). Com­ment s’attaquer à ce problème ?
  • En quoi l’action mili­tante des médias en faveur de la liberté d’informer peut-elle contri­buer à l’adoption d’une légis­la­tion vrai­ment effi­cace sur la liberté de l’information ? Si les acteurs média­tiques prennent la tête du mou­ve­ment pour la liberté de l’information, com­ment peuvent-ils être sûrs d’être sui­vis par une opi­nion lar­ge­ment convain­cue que cette liberté est avant tout l’affaire de la presse ?
  • Com­ment les médias peuvent-ils contri­buer à la mise en œuvre, à l’application effec­tive et au contrôle d’une loi sur la liberté de l’information ? Com­ment les médias peuvent-ils créer un mou­ve­ment d’opinion en faveur de la liberté de l’information pour aider la popu­la­tion à exer­cer direc­te­ment son droit de savoir ?
  • En quoi le tra­vail des jour­na­listes peut-il béné­fi­cier des lois sur la liberté de l’information, et quelles sont les limites de ces lois en tant qu’instrument juri­dique ? De quelles com­pé­tences et tech­niques les jour­na­listes doivent-ils se doter pour tirer plei­ne­ment parti de cette législation ?

Droit d’informer et droit d’accéder à l’information sans les­quels aucune démo­cra­tie ne peut exis­ter, sont deux valeurs que Repor­ters sans fron­tières a mis en exergue à cette occasion.

L’organisation rap­pelle égale­ment que, depuis jan­vier 2010, neuf jour­na­listes sont morts et que près de 300 pro­fes­sion­nels de la presse et citoyens du Net sont emprisonnés.

La date du 3 mai est aussi le point d’orgue de nom­breuses actions. RSF a publié une liste de 40 « pré­da­teurs de la presse », lancé une cam­pagne et publié un nou­vel album, fruit d’une col­la­bo­ra­tion avec l’agence Mag­num. Il pro­pose 101 pho­tos qui ont mar­qué l’actualité inter­na­tio­nale depuis 1936.

Depuis lundi, RSF a lancé, avec l’Ina (Ins­ti­tut Natio­nal de l’audiovisuel, une rubrique qui, chaque mois, fera le point en images sur un thème ou sur la situa­tion de la liberté de la presse dans un pays.

Dans les pro­chaines semaines, l’organisation publiera :

-       Un rap­port sur l’environnement et le journalisme

-       Un rap­port sur le dan­ger d’informer dans des régions contrô­lées par le crime organisé

-       Un guide pra­tique du jour­na­lisme pour cou­vrir les élec­tions (en par­te­na­riat avec l’Organisation inter­na­tio­nale de la francophonie.

En savoir plus : le site de la Jour­née mon­diale de la liberté de la presse 2010, Repor­ters sans fron­tières, le jour­nal des enfants.