Liberté d’information : le droit de savoir

Cette année, l’Unesco a choisi ce thème pour célébrer la journée mondiale de la liberté de la presse du 3 mai. Reporters sans frontières a publié une liste des 40 prédateurs  et réaffirmé deux de ses valeurs : le droit d’informer et le droit d’accéder à l’information.
Les titres de l’Arpej ont distribué dans les écoles et les collèges le numéro du Journal des Enfants qui publie un dossier intitulé « La liberté n’est pas sans danger ».

Sur son site, l’Unesco expose la situation actuelle en matière de liberté de l’information et les défis qu’il faut relever. Bien que les lois se multiplient, l’expérience prouve que cela ne suffit pas pour que le droit des personnes à être informés soit pleinement exercé. De nombreux dysfonctionnements – manque de réponses aux demandes, difficultés, voir impossibilité d’accéder aux informations – le démontrent.

La législation, élément indispensable du paysage médiatique, devrait donc s’accompagner d’efforts rigoureux pour qu’elle ait des effets bénéfiques. Si ce n’est pas le cas, les médias ne peuvent s’acquitter que difficilement de leur mission d’information.

L’Unesco accompagne ce constat de cinq thèmes de réflexion.

  • La mise en place de mécanismes adéquats d’accès, de gestion de l’information, de mise en œuvre, d’enregistrement et d’archivage (dotés des ressources humaines et financières nécessaires à leur bon fonctionnement) est essentielle pour assurer l’application effective des lois sur la liberté de l’information. Toutefois, ces efforts risquent d’être peu concluants si la culture du secret continue à prévaloir au sein de la société. Quelles seraient les mesures à envisager afin d’instaurer en lieu et place une culture de la transparence ?
  • Depuis le 11 septembre, les considérations relatives à la sécurité nationale occupent une place prépondérante dans le débat concernant les exceptions à la liberté de l’information. Ces exceptions sont parfaitement légitimes quand elles touchent à des sujets sensibles justifiant des contrôles plus stricts, mais elles peuvent aussi donner lieu à des abus (si elles servent par exemple à dissimuler des erreurs, abus ou malversations). Comment s’attaquer à ce problème ?
  • En quoi l’action militante des médias en faveur de la liberté d’informer peut-elle contribuer à l’adoption d’une législation vraiment efficace sur la liberté de l’information ? Si les acteurs médiatiques prennent la tête du mouvement pour la liberté de l’information, comment peuvent-ils être sûrs d’être suivis par une opinion largement convaincue que cette liberté est avant tout l’affaire de la presse ?
  • Comment les médias peuvent-ils contribuer à la mise en œuvre, à l’application effective et au contrôle d’une loi sur la liberté de l’information ? Comment les médias peuvent-ils créer un mouvement d’opinion en faveur de la liberté de l’information pour aider la population à exercer directement son droit de savoir ?
  • En quoi le travail des journalistes peut-il bénéficier des lois sur la liberté de l’information, et quelles sont les limites de ces lois en tant qu’instrument juridique ? De quelles compétences et techniques les journalistes doivent-ils se doter pour tirer pleinement parti de cette législation ?

Droit d’informer et droit d’accéder à l’information sans lesquels aucune démocratie ne peut exister, sont deux valeurs que Reporters sans frontières a mis en exergue à cette occasion.

L’organisation rappelle également que, depuis janvier 2010, neuf journalistes sont morts et que près de 300 professionnels de la presse et citoyens du Net sont emprisonnés.

La date du 3 mai est aussi le point d’orgue de nombreuses actions. RSF a publié une liste de 40 « prédateurs de la presse », lancé une campagne et publié un nouvel album, fruit d’une collaboration avec l’agence Magnum. Il propose 101 photos qui ont marqué l’actualité internationale depuis 1936.

Depuis lundi, RSF a lancé, avec l’Ina (Institut National de l’audiovisuel, une rubrique qui, chaque mois, fera le point en images sur un thème ou sur la situation de la liberté de la presse dans un pays.

Dans les prochaines semaines, l’organisation publiera :

–       Un rapport sur l’environnement et le journalisme

–       Un rapport sur le danger d’informer dans des régions contrôlées par le crime organisé

–       Un guide pratique du journalisme pour couvrir les élections (en partenariat avec l’Organisation internationale de la francophonie.

En savoir plus : le site de la Journée mondiale de la liberté de la presse 2010, Reporters sans frontières, le journal des enfants.