Les localiers et la presse à l’école

Sensibiliser enseignants et élèves à la lecture et à l’utilisation de la presse quotidienne régionale ne peut pas être du seul ressort des délégués Arpej.

Les localiers ont des contacts réguliers avec les établissements scolaires pour couvrir des faits d’actualité. Ils doivent aussi se convaincre que faire de la presse à l’école n’est pas perdre son temps. Rencontrer chefs d’établissements, professeurs et élèves, c’est pénétrer le milieu scolaire et repérer de nouveaux informateurs. Ils découvriront des sujets intéressants et riches qui concerneront une majorité de lecteurs. Ces derniers ont été, sont ou seront parents d’élèves. Combien de fois le travail réalisé par un enseignant autour d’un thème mérite un article, mais comment être au courant si des liens privilégiés ne se sont pas tissés avec l’école.
Les agences locales et le délégué Arpej doivent avoir des liens privilégiés. L’agenda s’enrichira des diverses opérations presse-école. Si le localier ou le correspondant local acceptent de rencontrer enseignants et élèves lors de ces opérations, ils auront l’occasion de faire un compte rendu, bien sûr, mais ils auront aussi noué des contacts utiles et repartiront avec des sujets de reportage.

Aller dans les établissements scolaires : un intérêt pour tous

Intervenir dans une salle de classe peut s’avérer être très riche pour alimenter ensuite une rubrique locale régulière et attractive. Deux conditions sont nécessaires à la réussite :

  • bien « caler » avec l’enseignant le but réel de l’intervention (témoignage sur un sujet précis, expliquer le métier, réaliser un journal scolaire…) ;
  • ne jamais perdre de vue que c’est l’élève qui doit rester au centre de tout ce que nous pourrons dire ou faire, et que c’est par lui que se déclineront ou non ensuite, dans de bonnes conditions ou non, tous les projets qui pourront se construire.

Le métier de journaliste attire les jeunes de manière spontanée. Cela  permet à un enseignant, sans prendre de risques, d’ouvrir très largement sur le monde extérieur, les centres d’intérêt des élèves, notamment par le lancement, puis le suivi, d’un journal interne à la classe ou à l’école.

Une semaine pour la presse

Chaque année au printemps revient  « La Semaine nationale de la presse dans l’école ». C’est un rendez-vous important auquel il convient de porter une grande attention. L’analyse de nos titres, de nos textes, de nos photos, des choix que nous avons opérés, se fait à la loupe et subit la critique, dans son approche la plus noble. C’est donc une excellente occasion pour nous d’être à l’écoute et de « récupérer » des éléments de réflexion intéressants. C’est aussi une possibilité qui nous est offerte d’apporter des explications, d’élever notre mission d’information, parfois même aussi d’avoir l’humilité de reconnaître certaines erreurs, en évoquant les difficultés que nous pouvons rencontrer dans l’exercice de notre métier.
Pensée et organisée en communion d’esprit avec l’enseignant, cette semaine devient un outil formidable. Plus que par des interventions multiples, qui mettent parfois en difficulté le localier dans son travail au quotidien, elle peut également trouver un élan supplémentaire en devenant l’aboutissement et la mise en valeur d’un travail amorcé bien en amont, parfois dès la rentrée scolaire.

D’autres opérations

Établir une collaboration avec l’Éducation nationale peut également engendrer d’autres actions. Un voyage scolaire ou une expérience vécue par des élèves peuvent se traduire par des articles dans les colonnes du quotidien. Les lecteurs, et pas uniquement les parents d’élèves y trouveront de l’intérêt.
Une rubrique régulière peut même être envisagée dans les pages locales. Elles peuvent aussi accueillir des témoignages ou des avis de jeunes sur des sujets de société. Associer les jeunes à un travail précis est l’occasion de révéler le meilleur de leur personnalité et de leur talent, au-delà la notoriété passagère que leur octroie la publication d’un article dans le journal.
Les occasions ne manquent pas pour établir une collaboration fructueuse entre le monde de l’Éducation et les médias. Tout dépend en résumé de la volonté que l’on a de créer ces liens. Des déceptions ou des échecs sont toujours possibles. Ils ne doivent pas masquer toutes les opérations positives.
Il ne faut pas hésiter à demander conseil ou appui au délégué Arpej du titre. Il peut vous aider en externe, pour les premiers contacts, par exemple, mais aussi en interne. Monter une opération, c’est parfois obtenir du matériel, ne serait-ce que des invendus, des plaques, des films, des archives photos… ce qui réclame l’intervention de différents services.

Face aux élèves

Sollicité par un enseignant qui vous demande de rencontrer les élèves, vous allez être questionné non seulement sur votre métier, mais aussi sur l’entreprise de presse, les différents métiers dans l’entreprise, la publicité… Bref, les élèves ont une grande curiosité dès qu’il s’agit du monde de l’information et de ce journal qu’ils voient (et lisent peut-être) tous les jours.
Pour que cette rencontre soit satisfaisante, autant pour vous que pour les élèves, assurez-vous que l’enseignant a déjà abordé le sujet de la presse avec eux. Quand il prend rendez-vous, demandez-lui de faire préparer un questionnaire par les élèves. Pas question pour vous de venir meubler une heure de classe ! L’intervention doit être le fruit d’un projet commun du journaliste et de l’enseignant. Elle a un but et doit déboucher sur une production (exposé, exposition dans la classe ou l’établissement, article à paraître dans les pages du journal…)
C’est faire découvrir le journal régional dans toutes ses dimensions : éditoriales, industrielles, commerciales. L’intervention doit trouver un écho direct ou indirect dans la rubrique locale. Les correspondants locaux peuvent trouver ici leur place et prouver leur efficacité en travaillant le sujet avec le journaliste intervenant.